Bye bye impulsivité! Ciao ! Hasta la vista…

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Texte par Lune

Et même après ça, il est fort probable que tu recommences la prochaine fois, que l’impulsivité  se pointe le bout du nez à nouveau.

Écrire à nouveau? On n’a jamais vraiment fini d’en parler quand on a une fragilité. Il est question de schémas mentaux à reconstruire au complet, des habitudes à oublier… Le premier texte que j’ai écris pour Soberlab m’a fait un bien fou, j’ai vraiment l’impression de me libérer en écrivant. Oui, il m’est arrivé de rechuter, et ce n’est pas ce que je voulais vraiment faire, d’où le sujet de la réflexion d’aujourd’hui. La vérité c’est que depuis novembre, j’ai arrêté de fumer du cannabis (avec quelques petites rechutes) et il m’arrive occasionnellement de tomber dans la boisson, comme pour compenser… Sommes toutes, ça fait 5 mois que je me suis débarrassée de la pire habitude que j’avais, un vrai poison pour moi. Je continue mon cheminement vers la sobriété, en toute lucidité, et en ayant en tête que j’ai réussi. Tout le monde peut réussir, on n’est pas seul.

J’ai envie de vous parler des mauvais réflexes, des mauvaises habitudes qui sont comme… automatiques. On sait très bien «en théorie» comment bien prendre soin de soi. C’est supposé être facile, mais en pratique c’est une autre game. «Tout le monde» le sait,  quand tu es stressé ou triste, ce n’est pas une bonne solution de boire ou fumer (ou peu importe ton mauvais réflexe). «Tout le monde» le sait que dans ce temps-là, tu peux appeler un ami, faire du yoga, aller prendre une marche, écrire, lire, respirer, coller ton chien. Pourtant, des fois, sans réfléchir, tes jambes t’amènent direct au dep dans un élan d’impulsivité. Tu y vas, c’est tout.

Les deux premières consommations sont pas pires, après la quatrième tu as un peu mal au coeur, tu n’as sûrement pas bien souper, et si tu as fumé en plus, ça se peut que ça tourne un peu et que tu te rendes malade. Donc, ta petite soirée que tu avais prévue, ton petit party en solo se finit en sentiment de honte, de «pourquoi je fais ça?», de «ça ne me sert à rien, je le sais», bref, de regrets. Et même après ça, il est fort probable que tu recommences la prochaine fois, que l’impulsivité  se pointe le bout du nez à nouveau. Les fausses croyances comme «c’est pas grave une fois de temps en temps», «je ne bois/fume presque plus», «je mange santé et je m’entraîne alors c’est pas si grave» vont revenir et tu vas les croire pendant 1-2-3  secondes, juste assez de temps pour sauter dans tes souliers. En réalité, non, c’est pas SI grave, mais ce n’est pas ce que tu veux vraiment et tu le fais pareil. Et il est là le bobo…

Une habitude ça se change en la remplaçant par une nouvelle, plus saine, qui te nourrit au lieu de te détruire.

Pourquoi faire quelque chose qui te rend malheureux au bout du compte? Sur le coup, tu sais très bien comment ça va finir, tu vas juste avoir le sentiment d’avoir perdu une coupe d’heures et ça se peut que des sentiments dépressifs reprennent du service. Est-ce qu’on peut réfléchir à tout ce qu’on fait qui nous rend malheureux? Et est-ce qu’on peut aussi faire plus de choses qui nous rendent heureux…? Je vous invite  à faire la liste. Tu le sais que tu aurais pu faire comme les soirs où tu ne consommes pas. Tu te serais préparée une p’tite tisane, tu aurais lu ton livre et tu te serais rendu compte que voilà, c’est pas si difficile au fond, de rester à la maison, de faire le choix réfléchi d’aller dans ta chambre, prendre trois respirations et choisir la bonne chose. Une habitude ça se change en la remplaçant par une nouvelle, plus saine, qui te nourrit au lieu de te détruire.

Un jour, le fait de ne pas aller au dep va devenir comme se brosser les dents, et choisir un bon livre ou quelque chose qui te fait vraiment du bien va devenir automatique à son tour. La vérité c’est qu’il faut se forcer à s’arrêter et se demander quel est notre réel besoin du moment. Parce qu’en réalité, on l’a tous ce choix entre s’arrêter et prendre le chemin de la tisane-livre-marche-film-youtube-whatever, ou mettre son manteau et aller s’acheter un six pack en fumant le dernier joint qui nous reste. Ce chemin-là ne t’amène clairement pas où tu veux aller. Tu sais, il n’y a rien qui t’empêche de t’inventer tes propres trucs, genre te mettre un petit signe «STOP» sur ta porte qui te fera peut-être rebrousser chemin.

L’espace pour respirer en soi, et dire non à l’auto-sabotage, l’espace pour se réveiller le lendemain et célébrer la petite victoire d’avoir fait autre chose que de consommer. Une victoire qui paraît petite pour les autres, mais qui nous valorisent tellement et nous fait sentir comme Superman…

C’est vrai qu’une partie de nous s’ennuie des p’tits partys solo. Mais quand on a fait le choix d’arrêter, on avait une bonne raison, on était tanné de vivre de cette manière. Il faut s’en rappeler de ça. On est capable de faire des bons choix pour nous parce qu’on l’a déjà fait pleins de fois. Il faut juste essayer de le faire toujours de plus en plus souvent.

Le secret «magique» est vraiment dans la pause qu’on prend, la seconde qu’on prend pour respirer, avant de faire un choix quelconque. C’est dans cette courte pause que l’impulsivité peut se dissiper. Je vous laisse sur une citation de Victor E. Frankl : «Entre le stimulus et la réponse il y a un espace. Dans cet espace est notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans notre réponse résident notre croissance et notre liberté.» L’espace pour respirer en soi, et dire non à l’auto-sabotage, l’espace pour se réveiller le lendemain et célébrer la petite victoire d’avoir fait autre chose que de consommer. Une victoire qui paraît petite pour les autres, mais qui nous valorisent tellement et nous fait sentir comme Superman...

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