Réflexion sur la consommation – Partie 1 / 3

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Témoignage anonyme 

29 ans sous son emprise à mon insu

Il n’est pas trop tard.  Il m’a fallu 28 ans avant de comprendre pourquoi je consomme de l’alcool de façon excessive.  Je ne connaissais pas la source de l’anxiété qui m’envahissait par vagues.  Je ne savais même pas que c’était de l’anxiété.  Je recevais régulièrement des remarques concernant l’état dans lequel je me plongeais, les gens ne comprenaient pas pourquoi je faisais ça, pourquoi je ne m’arrêtais pas après quelques verres.  Aucune idée.  Je ne pouvais pas l’expliquer.  Je ne le comprenais pas moi-même, c’était simplement plus fort que moi.

Je savais que j’avais commencé à treize ans.  Je voyais plusieurs adultes prendre un coup solide et avoir du fun.  J’avais hâte de faire comme eux.  J’avais l’impression que la vie était ennuyante quand il n’y avait pas d’alcool dans un rassemblement, que l’ambiance était trop sérieuse, qu’il y avait un malaise, trop de retenue.  Comme bien des gens, j’avais l’impression qu’il fallait boire pour se laisser aller, pour être à l’aise, pour s’amuser.

 

Vouloir être accueillant

Cela a toujours été important pour moi d’avoir toujours quelque chose à boire à la maison et toujours offrir à boire à mes invités, m’assurer que leur verre ne soit jamais vide.  Là il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas.  Les autres n’avaient pas la même définition que moi d’être accueillant.  Quand on ne m’offrait pas un deuxième verre, je trouvais cela irrespectueux.  D’autant plus quand c’était une personne qui venait boire chez moi à mes frais régulièrement.  Il m’a fallu des années à m’apercevoir que plusieurs personnes ont profité de ma générosité, qu’ils venaient me visiter pour avoir des verres gratuits.  Pour moi c’était une valeur inculquée, on sait recevoir, c’est impoli de ne pas fournir la boisson chez soi.  Mais j’ai fini par réaliser que j’attirais des profiteurs qui n’avaient pas du tout la même philosophie de l’accueil.  J’ai constaté que ces relations étaient loin d’être authentiques, ça m’a fait de la peine mais ça m’a permis de comprendre que j’attirais ce genre de personnes à cause de mon comportement basé sur mes fausses croyances.

Quand je limitais l’offre de consommation, je prévenais la personne que je n’avais pas grand chose à boire et qu’il serait préférable qu’elle amène elle-même ce qu’elle voulait boire, cela me rendait mal à l’aise, je me sentais cheap mais je me disais que je n’avais pas le choix car cette personne avait abusé, à mes yeux.  La personne n’amenait la plupart du temps rien, en me disant c’est pas grave, je ne boirai pas.  Et là j’étais mal à l’aise de boire devant la personne en lui servant un verre d’eau.  Donc je lui servais un verre et je me retrouvais dans la même situation.  Je manquais d’affirmation mais j’étais coincée parce que je ne voulais pas manquer de respect à mes invités.  Quand j’entendais ‘’je vais te remettre ça’’.  Je savais que c’était de la foutaise.  Si la personne me payait un verre, je voyais que ça lui prenait tout son petit change, pas dans le sens de son argent mais pour certaines personnes, c’est plus facile de recevoir que de donner.  Avec du recul, je constate que j’ai reproduis ce comportement, j’ai pris sans rien donner dans certaines circonstances, une vengeance inconsciente, une récupération en quelque sorte, déplacée.  Une impatience de recevoir à mon tour, ayant tellement donné.

Un besoin essentiel

La proportion de mon budget que prenait l’alcool a toujours été démesurée, ça faisait partie des besoins de base.  Adolescente, je pouvais me permettre une brosse par semaine.  Au cégep, en autant que l’épicerie, le loyer, les trucs de base étaient couverts, tout le reste allait sur la boisson.  Puis, un jour, j’ai eu assez de revenus pour me permettre de boire autant que j’en ressentais le besoin, c’est-à-dire tous les jours.  Ce besoin que je tentais de combler, c’était le manque d’amour.  La déception face à mes attentes, j’étais là pour les autres mais je sentais que personne n’était là pour moi, je me sentais très seule, alors je buvais pour compenser l’amour que je souhaitais avoir et que je ne recevais pas, je ne voyais pas comment l’obtenir.  Et c’était inconscient, je ne me rendais pas compte à quel point je manquais d’amour.  J’avais plusieurs amants mais tout ce que je voulais de ces fréquentations, c’était quelqu’un qui me prends dans ses bras, du réconfort.  Ce n’était pas ce que j’attirais.

Soberlab

Author: Soberlab

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