Maryèv, fière dépendante!

Texte par Maryèv Lépine

Cette ‘’terrible’’ maladie m’a donné deux choix; m’en faire une alliée ou ma pire ennemie.

Ben oui, je suis fière d’être dépendante! Tu dois de te dire : ‘’Elle est ben bizarre elle!’’. Je te l’accorde, j’ai rarement entendu quelqu’un me dire qu’il était fier d’avoir le cancer, le sida ou tout simplement la gastro. Je crois profondément que la maladie de la dépendance est la seule maladie dont nous devons être fiers. Cette ‘’terrible’’ maladie m’a donné deux choix; m’en faire une alliée ou ma pire ennemie. J’ai choisi de la mettre de mon bord car de toute façon, elle fait partie de moi. J’ai choisi de l’aimer, l’accepter, de l’écouter mais surtout de l’honorer. J’te cacherai pas que ce fut un long processus d’acceptation et d’humilité. Je lui ai demandé de devenir mon professeur privé. Je la perçois comme une religieuse des années 60, t’sais la bonne-sœur sévère? Il ne faut surtout pas la contrarier. Et dès que je suis distraite, elle me tape les doigts avec sa longue règle de bois. Si j’ai le malheur de rouspéter devant ses apprentissages, oulalala, elle ne se gêne pas pour me baisser les culottes et me taper les foufounes! Outch! Elle a déjà essayé de m’étrangler il y a 3 ans. J’ai rechuté. Elle est mauvaise la bonne sœur, j’te dis! Pourtant, plus je l’accueille dans ma vie, plus je perçois son côté bienveillant.

Depuis 3 ans elle m’apprend qui je suis vraiment. Elle m’aide à découvrir mes blessures, mes besoins, mes peurs et comment en prendre soin. J’ai une liste interminable des matières qu’elle m’a enseigné ces dernières années. En voici quelques-unes ;

L’honnêteté : Je me suis toujours considérée comme une femme honnête. Bullshit!

La résilience : Faire du beau avec du laid. Me reconstruire avec les débris de mon passé. Maudit que c’est l’fun recycler! Pis en plus, ça ne coute pas cher!

La spiritualité et la confiance : Faire confiance en la vie, en Dieu. Faire confiance aux gens. Me faire confiance. Avoir assez confiance pour croire que je suis à la bonne place ici et maintenant.

Le lâcher prise et le moment présent : Juste pour aujourd’hui. C’est aujourd’hui que ça se passe! Pas demain ni hier. Lâcher prise sur mon passé et vivre aujourd’hui.

L’impuissance : Je suis impuissante sur tout ce qui est extérieur à moi. Le seul pouvoir que j’ai, c’est sur moi. Ma puissance supérieure s’occupe du reste!

L’accueil et la compassion : Iiiiiiiiiiiipelayeeeeeee! M’accueillir c’est une chose mais accueillir les autres, ce n’est pas chose facile pour moi. Je travaille fort sur cet apprentissage. Avoir de l’accueil et de la compassion pour moi d’abord, pour être capable d’en avoir pour les autres. Tout part de moi.

L’authenticité : Plus j’apprends de la maladie, plus je me connais. Plus je me connais, plus je suis authentique avec les autres. Plus je suis authentique, mieux mes relations se portent.

La gratitude : Tous ces petits moments, ces éveils spirituels, ces rires, ces pleurs.

L’honnêteté : Je me suis toujours considérée comme une femme honnête. Bullshit! J’étais honnête du mieux que je pouvais avec les autres. Mais bonyenne que je m’en passais des vites! Être honnête avec moi, c’est le plus beau cadeau que je me suis fait!

La douceur : Étant une grande perfectionniste, la douceur était de mise dans ma vie. Je me donne de l’importance en étant douce avec moi. J’aime dire que suis parfaitement imparfaite pis c’est ben correct de même!

L’acceptation : Accepter premièrement que la maladie fait partie de moi, que je vivrai toute ma vie avec elle. Je n’ai pas le choix. Accepter que je sois la seule responsable de ma vie.

La gratitude : Tout ces petits moments, ces éveils spirituels, ces rires, ces pleurs. J’ai de la gratitude de vivre mes émotions à fond. Je suis reconnaissante de prendre le temps de me trouver chanceuse d’être dépendante.

Je pourrais continuer longtemps. La simplicité, l’amour, l’espoir, l’humilité, la tolérance, l’égocentrisme, la persévérance, le courage, la patience, l’engagement, l’écoute, l’ouverture d’esprit….

Ce que je te souhaite le plus c’est de vivre la fierté qui m’habite aujourd’hui.

Pour conclure, ce n’est pas parce que la maladie m’a appris tout ça que je suis à l’abri de ses sautes d’humeur. Loin de là. Vivre avec la maladie c’est toute une ride de roller coaster. Mal de cœur au rendez-vous mais aussi ben du fun! Quelle aventure! Je suis fière d’être dépendante parce que je n’aurais probablement jamais appris tous ces beaux principes qui me rendent de plus en plus heureuse.

Je te souhaite de tout mon cœur de ne pas résister à la maladie. De ne pas consommer juste pour aujourd’hui et d’écouter ce qu’elle a à t’apprendre. Sois doux avec toi, sois doux avec elle. Ce que je te souhaite le plus c’est de vivre la fierté qui m’habite aujourd’hui. Aujourd’hui, le 27 mars 2018, ça fait 3 ans que j’apprends à vivre dans le rétablissement.

Je le dis haut et fort,

Maryève, fière dépendante! 

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