La dépendance au jeu : l’ONF impliquée dans la prévention

Les dépendances c’est un sujet tellement vaste. Entre autres parce qu’il y en plusieurs qui existent. Des nouvelles, des farfelues, des inimaginables mais surtout, des mortelles. C’est un sujet qui me fascine parce que pour moi, malgré les similitudes entre chacune d’elles, il reste que chaque cas est unique puisque l’humain l’est, dans toute sa complexité, sa beauté et même sa souffrance. Depuis que je sais que le rétablissement est possible, je trouve encore plus de plaisir à m’informer, à en apprendre davantage sur le pourquoi du comment de l’addiction. Il existe de nombreuses formes de dépendances dont une que je n’ai jamais vécue : le jeu pathologique, le gambling, les jeux de hasard.

Oui, c’est possible de devenir sobre d’une dépendance au jeu. En fait, c’est possible de devenir sobre de tout ce dans quoi on compulse dans la vie: de l’alcool à la nourriture en passant par le sexe, la pornographie ou les jeux vidéos.

J’ai très envie d’en parler parce qu’une toute nouvelle plateforme lancée par l’ONF est en ligne à partir de maintenant. Ça s’appelle Merci de jouer. À travers le récit de 3 personnes qui ont vécu la dépendance au jeu, on est transporté dans leur histoire afin de sensibiliser le public à cette problématique. En plus de pouvoir jouer à un jeu de hasard inoffensif, l’interaction de la plateforme nous amène à se questionner sur le phénomène de l’addiction, de mieux le comprendre et même de le démystifier grâce à l’expérience interactive en plus de témoignages d’experts en la matière.

C’est super important pour moi d’en faire la promotion à travers Soberlab, qui touche une communauté grandissante de gens qui ont à cœur la sobriété. Oui, c’est possible de devenir sobre d’une dépendance au jeu. En fait, c’est possible de devenir sobre de tout ce dans quoi on compulse dans la vie: de l’alcool à la nourriture en passant par le sexe, la pornographie ou les jeux vidéos. Si on considère que la sobriété c’est l’équilibre, alors c’est l’idéal à atteindre… encore plus pour une personne de nature obsessive-excessive-compulsive. Le jeu pathologique, il faut en parler parce que ça touche beaucoup plus de gens que l’on peut imaginer.

Le manège va de plus en plus vite, c’est de plus en plus excitant et même si elle a mal au cœur, elle se dit que la prochaine fois, elle va pouvoir redescendre à temps. Mais non. Elle ne redescend pas.

La souffrance liée à cette dépendance est sans doute très grande, autant pour la personne qui le vit, que pour la famille qui le subit.  Au niveau financier, physique, spirituel et émotif, le jeu pathologique est une maladie chronique et progressive. C’est à se demander ce qui est le plus souffrant… Le fait de jouer et de tout perdre ou le fait de ne pas pouvoir s’empêcher de le faire? La triste réalité c’est qu’une personne qui compulse dans le jeu, joue sa vie sans penser aux conséquences et les hangovers  sont aussi terribles qu’un lendemain de brosse ou de poudre : ils peuvent aussi être fatals, irréversibles. Sans oublier la honte reliée à chaque cuite que je ne peux décrire mais je peux imaginer l’atrocité de ce moment, l’âme en miette, à vouloir mourir. Malgré cela, certains recommencent, ils rejouent leur vie encore et toujours, sans penser au lendemain…

J’ai toujours eu une grande compassion pour les gens qui souffrent de dépendance parce que je sais profondément, que les personnes ayant ce type de personnalité, de trouble sont des êtres extraordinaires simplement remplis de carences. Ils ne cherchent qu’à combler un vide immense, à vouloir se sentir vivant, être aimé en se valorisant à travers des moyens illusoires, destructeurs. Toujours en quête de bonheur, du prochain buzz mais ils le cherchent rarement à la bonne place. Pour la personne qui est prise dans la « roue de fortune », qui retourne toujours à la machine ou au casino, je vois ça comme être pris dans un manège. Ce n’est pas par manque de volonté qu’elle ne peut cesser de jouer. C’est que le manège va de plus en plus vite, c’est de plus en plus excitant et même si elle a mal au cœur, elle se dit que la prochaine fois, elle va pouvoir redescendre à temps. Mais non. Elle ne redescend pas. Le manège ne fait que tourner plus vite, monter plus haut et la chute, elle fait toujours plus mal. Elle est inévitable, cette chute.

Le mental peut toujours reprendre le dessus et nous convaincre que ce serait une bonne idée de jouer, juste un petit 20$.  

En effet, n’arrête pas de consommer ou de jouer qui veut. Si c’était si simple, tout le monde le ferait ou mieux, personne ne deviendrait dépendant. Malheureusement pour le dépendant, il faut souvent se rendre au point de non-retour, à ce moment critique où la vie bascule si on n’adopte pas un changement radical. La bonne nouvelle c’est qu’il existe ce moment. Lui aussi, à mon avis, il est inévitable. À moins de choisir la mort ou l’esclavage au lieu de la liberté. Le choix est simple et évident pour la personne qui n’es pas accro, elle se demande pourquoi devoir se rendre si bas avant d’agir. Il faut choisir la liberté. Pour moi qui vit au quotidien avec une personnalité d’addict, malgré le fait que je n’aie jamais connu l’emprise au jeu d’argent, la liberté c’est de ne pas aller dans un casino, c’est de ne pas mettre ne serait-ce que 2$ dans une machine ou même de m’acheter un « gratteux. »  C’est fou mais je suis une personne à risque d’aimer ça, à risque d’aimer gagner et même d’aimer perdre.

En écrivant, je réalise l’ampleur des bienfaits de la connaissance de soi même si elle n’est pas infaillible. Se connaître nous garde-t-il à l’abri des dépendances ? Je ne crois pas. Le mental peut toujours reprendre le dessus et nous convaincre que ce serait une bonne idée de jouer, juste un petit 20$.  Dépendant un jour, dépendant toujours, il ne faut pas se leurrer. Le rétablissement est possible mais on ne guérit pas.  On n’est jamais à l’abri d’une obsession, quelle qu’elle soit. Certains diront que de savoir est une forme de protection. Oui, dans la mesure où en plus de savoir, on n’agit pas dans nos comportements destructeurs et qu’on les remplace par de la compassion et de l’amour envers nous.

Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui devient dépendant au jeu mais peu importe le nombre de milliards de dollars que les jeux d’argent et de hasard peuvent rapporter, il en est rien comparé à la souffrance et les ravages que ces machines et ces jeux peuvent causer à l’humain, à la société.

Un jour j’ai entendu l’histoire d’un homme qui s’était jeté en bas du pont Jacques-Cartier suite à une descente aux enfers au casino de Montréal. Il s’est manqué. Le pauvre. Le souvenir est flou mais cet homme a survécu à la chute et malgré le handicap, il s’est rétabli et il a recommencé à vivre une belle vie dans la société et à sensibiliser les gens aux dangers liés au jeu pathologique. Je trouve dommage de ne plus me rappeler son nom mais cet homme m’a marquée à vie. J’étais sans mot devant son courage et son humilité, d’être capable de dire haut et fort ce qu’il avait vécu et quoi faire, pour ne pas se rendre aussi bas, aussi près de la mort. Dans une étude faite en Nouvelle-Écosse, il est ressorti qu’environ 6,3% des suicides sont reliés aux problème de jeu pathologique. C’est énorme. Évidemment, ce n’est pas tout le monde qui devient dépendant au jeu mais peu importe le nombre de milliards de dollars que les jeux d’argent et de hasard peuvent rapporter, il en est rien comparé à la souffrance et les ravages que ces machines et ces jeux peuvent causer à l’humain, à la société. Moi, je me suis fait la promesse que je n’aurais jamais à faire avec elles.

Les points de service destinés à la loterie sont trop nombreux comparés à l’aide disponible et la prévention qui est faite. Selon le Canada Safety Council, il est dit que : « les appareils de loterie (ALV) sont aux jeux de hasard ce que le crack est à la drogue. Les machines de jeux de hasard électroniques sont probablement la forme de jeu qui rend le plus dépendant jamais inventée. Leurs couleurs, leurs lumières et les sons qu’elles émettent peuvent amener les joueurs normaux à gager de plus en plus rapidement jusqu’à ce qu’ils deviennent des accros. »

Mais le remède le plus efficace, ça reste de ne pas jouer.

Tout comme l’alcool et la drogue, cette forme d’addiction fait miroiter le plaisir de jouer, le plaisir de dépenser et de « peut-être », si le hasard le veut, gagner le gros lot et pouvoir changer de vie, comme ça, du jour au lendemain. Comme si le bonheur, se trouvait dans un gros lot, dans une voiture de l’année ou un bateau. C’est de la bullshit, cette croyance-là. Tant et aussi long, que le monde ne croira pas qu’on restera toujours perdants devant le hasard, il continuera de croire à ces paradis artificiels de gratification instantanée.  Toute personne qui joue compulsivement ou même pour le plaisir, sera toujours perdants devant ces jeux. Toujours. Le bonheur ne se trouve pas dans une cagnotte de machine de fond de bar. C’est une illusion. Une fausse croyance qui nuit encore à trop de gens.  Et la plus grande perte face à une croyance erronée comme celle-là, c’est la liberté. Celle de choisir, celle de vivre en paix. Il est prouvé que la sérénité ne s’achète pas, elle ne se gagne pas non plus à la loterie. Elle se cultive, elle se vit, elle s’embrasse.

Quand l’envie d’aller jouer surpasse celle de rester avec ton nouveau-né ou ta nouvelle conquête. Quand ton envie de jouer te fait  loader  les carte de crédits de ton mari ou de ta femme. Quand jouer t’empêche de dormir. Quand jouer t’oblige à voler, le fond du baril n’est pas loin. Il est temps de laisser tomber les cartes. Jeu de mots très facile mais il reste qu’il n’y a pas d’autre choix que d’abandonner la partie et demander de l’aide. La prévention est une solution. Les groupe d’entraide anonymes aussi. Mais le remède le plus efficace, ça reste de ne pas jouer.

Attends pas de te rendre au Pont Jacques-Cartier. Il y a des solutions. Ta vie vaut plus que n’importe quel gros lot.

Love, Eliane. x

P.S Allez naviguer sur le http://www.mercidejouer.onf.ca vous en apprendrez beaucoup. 

 

 

 

 

 

 

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