Parce que la vie vaut la peine d’être vécue…

Texte par D-Zil

Pis l’alcool a pris plus de place. Les conneries qui y sont reliées aussi. L’école, mon avenir prend le bord.

Dans le fond la vie c’est quoi? On naît, on vit, on meurt. À travers ça, on essaye simplement d’exister. La vie est tough pour tout le monde, des fois plus, des fois moins. En bout de ligne, on a beau la blâmer mais il reste que ce que nous faisons est de notre propre ressort, on en est responsable de notre vie. Comme moi par exemple: j’ai 17 ans, jeune Cégepien qui apprend le suicide de son frère de 23 ans à La Cage aux Sports, le soir du Super Bowl. Ça fesse… fort en criss.  Face à cette épreuve là, j’avais des choix à faire pour dealer avec ça. J’ai pas pris le bon, j’me suis renfermé pis j’ai ravalé ma peine, ma colère. C’est le genre de news que tu crois pas au début, c’est surréel parce que dans le fond, on croit tous que les gens autour de nous, les gens qu’on aime n’auraient jamais à se rendre jusqu’à se donner la mort. Mais, trop tard… Puis viens la remise en question classique, la culpabilité. Pourquoi j’ai rien vu venir? Pourquoi j’ai pas pu empêcher que ça se produise. Donc, le mauvais choix a été de me geler au lieu de le vivre. Au début ça allait, j’avais le contrôle. Juste une coupe de brosse de temps en temps, ça faisait sortir le méchant que j’me disais. Pis l’alcool a pris plus de place. Les conneries qui y sont reliées aussi. L’école, mon avenir prend le bord. Expulsion du Cégep, mais comme si j’avais un ange gardien, la vie m’offre une 2ème chance. Je trouve la voie que je veux emprunter pour faire carrière. La consommation est encore là, omniprésente. C’était régulier mais pas si fréquent.

Quand je vais bien, quand je vais mal, quand y fait beau, quand y pleut, etc. Toutes les raisons sont bonnes pour consommer.

Fast forward à mes 21 ans, je suis un jeune universitaire étudiant en criminologie qui apprend la mort subite de son frère aîné, qui était papa depuis 6 semaines, cette fois-là live dans la maison familiale. Ça fesse… fort en criss. Plus que la première fois. Ce coup-ci, c’est hard parce que je vois mes parents l’apprendre et je vois leur souffrance immédiate. Ces images là sont gravées  à jamais. Je peux dire que dans ma vie, malheureusement, à ce moment précis, j’ai ressenti le désir de ma mère qui voulait mourir, de mon père qui avait le regard vide. Et moi dans tout ça, c’était de l’impuissance totale. Sauf que, encore là, je prends le chemin de l’isolement, la consommation et le gel direct de mes émotions. À partir de ce moment là, tranquillement, sournoisement, mon alcoolisme s’installe. Le Rhum devient mon best friend. Quand je vais bien, quand je vais mal, quand y fait beau, quand y pleut, etc. Toutes les raisons sont bonnes pour consommer. Ma vie reste on hold pendant 14 ans, la consommation présente 3 à 4 jours semaines. Mais je suis fonctionnel fait que j’arrête pas ; j’ai de l’énergie quand même. Je réussis à passer à travers la vie, je me laisse surfer sur la vague. La naissance de ma fille me ralentit un peu, mais pour un court lapse de temps. Puis à l’annonce de la grossesse de ma conjointe de mon deuxième enfant, y’a quelque chose qui switch dans mon cerveau. Et c’est là qu’arrive la déchéance de 2016 où finalement, l’alcool l’emporte sur moi, prend le contrôle total de ma vie. Les répercussions sont multiples autant au travail que dans mon couple, avec mes amis et ma famille. Ma santé écope solide. Le pire c’est que je me vois aller, mais quand tu bois seul, en cachette ,c’est facile de s’auto-convaincre qu’il n’y en a pas de trouble. Pis au pire si quelqu’un t’en parle, t’évite de répondre, tu joues à l’autruche. Mais les conséquences s’accentuent. Les mensonges et les histoires deviennent de moins en moins efficaces. Acculé au pied du mur en décembre 2016, j’abdique et prends une pause du travail.

Maintenant, je peux dire que j’affronte la vie, ses hauts comme ses bas, la tête haute. Et je suis fier de pouvoir le partager. 

Février 2017, c’est mon entrée en thérapie, rendu dans le bas fond d’aplomb entrain de scrapper tout ce qui m’entoure, toute ma vie. Maudit que je suis stressé. Mais bordel que c’est exactement ce dont j’avais besoin. Cette expérience fut tellement bénéfique.  J’ai eu la chance de rencontrer des gens fantastiques, avec des parcours fascinants. Maudit que j’ai appris. Aujourd’hui, quoi, presque un an plus tard, j’ai rechuté une coupe de fois mais cette fois-là j’ai pas laissé les incidents poches de la vie prendre le dessus. J’me suis retroussé les manches et je les ai affrontés. Fait que la vie au fond c’est quoi? C’est un grand voyage sur un chemin sinueux dans lequel ça sera pas toujours facile d’avancer mais qui en bout de ligne te construira et fera de toi un être qui mérite d’être aimé et de vivre.

Si mon expérience m’a appris quelque chose, c’est que peu importe les épreuves, la vie vaut la peine d’être vécue et partagée. La sobriété m’a apporté cette lumière, celle qui me guide aujourd’hui vers le positif et l’amour propre. Maintenant, je peux dire que j’affronte la vie, ses hauts comme ses bas, la tête haute. Et je suis fier de pouvoir le partager.

 

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