Mes rêves perdus dans les machines à sous

Témoignage par Pastel

Comme beaucoup d’autres, je suis anxieuse je ne m’aime pas assez et je me mets une pression énorme sur les épaules.

Si un jour on m’avait dit que je devrais composer avec un problème de dépendance au jeu, Je ne l’aurais jamais cru. Ce n’était pas dans les cartes pour moi. Je n’ai pas le profil type, s’il y en a vraiment un. Dans ma jeunesse, je n’ai pas été mis en contact avec des machines de loteries. Je n’ai jamais non plus été exposée au monde des bars. Très honnêtement, si on m’avait dit que des gens souffraient de cette dépendance, j’aurais probablement jugé. Je suis une fille sérieuse, première de classe, qui a grandi en campagne dans des valeurs de santé et entourée d’amour. Je suis fonceuse et j’ai toujours eu des rêves de grande envergure… Comme beaucoup d’autres, je suis anxieuse je ne m’aime pas assez et je me mets une pression énorme sur les épaules.

Il y a 8 ans, j’ai invité ma mère à Las Vegas pour voir le spectacle de Céline Dion. J’avais pourtant voyagé mais Las Vegas m’était toujours inconnue. Dès la première soirée, j’ai découvert un nouveau monde auquel je n’avais jamais goûté. Les couloirs illuminés, l’ambiance festive, le son du lot gagnant.

WOW! Enfin, je pouvais m’isoler dans ma bulle, oublier mes peines et mes souffrances et vivre dans un monde irréel, un monde glamour. Un monde que je croyais rempli d’espoir, où je pouvais espérer gagner beaucoup d’argent pour produire mes albums et vivre de ma passion. C’était la première fois que j’essayais une machine à sous, à 25 ans.

J’ai perdu 15 000$, j’ai été aux banques alimentaires pour manger, j’ai fait deux thérapies complètes, je me suis rendue deux fois à l’aile psychiatrique… « Aidez-moi docteur! Je refuse d’avoir ce problème. J’ai peur du futur. »

À mon retour, j’avais la piqûre et je suis retournée par moi-même au Casino de Montréal. Adrénaline incontrôlable. Ce qu’on dit des gens qui souffrent de dépendance au jeu est vrai : ne jamais dormir, carburer au café, devenir agressive et se priver de manger. Pourquoi on joue? Parce qu’on gagne souvent. Il n’y a aucun autre endroit où l’on peut échanger 1$ contre 700$. Ça m’est arrivée plus d’une fois. C’est un feeling merveilleux.

Par la suite, on veut regagner l’argent perdu car c’est trop insultant et humiliant de se voler soi-même. On perd trop d’argent et ça devient très compliqué et décourageant. J’ai perdu 15 000$, j’ai été aux banques alimentaires pour manger, j’ai fait deux thérapies complètes, je me suis rendue deux fois à l’aile psychiatrique… « Aidez-moi docteur! Je refuse d’avoir ce problème. J’ai peur du futur. »

Je ne suis ni stupide, ni faible, ça peut arriver à n’importe qui.

On se sent seul dans notre bateau et on apprend que cette dépendance se contrôle mais qu’elle sera dans notre ADN jusqu’à la fin de nos jours. On n’en parle pas car on a trop honte. Pour ma part, je n’ai jamais touché à une machine depuis 4 ans. J’y pense à tous les mois par contre. Dernièrement, j’ai découvert que je devais également me tenir loin des billets de loteries. Je ne suis pas bien dans les bars où il y a des machines et je ne suis pas bien quand je vois les pancartes d’un casino. Quand mes nièces jouent sur leur Ipod, le son me rappelle les machines. Je ne suis pas bien dans les dépanneurs, les épiceries et je porte ce stress constamment.

J’ai maintenant un bébé et je ne veux jamais qu’il en souffre, il est ma raison d’être forte.Je ne suis ni stupide, ni faible, ça peut arriver à n’importe qui. Bien au contraire, je peux dire aujourd’hui que je suis forte de réussir à déjouer le courant, je ne rechute pas mais j’ai peur.

 

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