La confession d’une vraie accro du shopping!

Tout à commencé par une sensation. Une sensation de vouloir avoir ce que les autres ont. Vouloir avoir ce que je voyais dans les magazines. L’idée d’avoir ce qui figurait sur la page du magazine me donnait l’impression que j’allais ressembler au mannequin sur cette dite page.
 
Quand j’ai commencé à travailler à Montréal, j’étais en plein cœur du centre-ville et de ses magasins alléchants. Comme j’étais malheureuse au travail, j’arrivais à retrouver l’énergie de finir ma journée lorsque j’allais magasiner sur l’heure du lunch. Les accessoires, les sacs à main, les chaussures et les nouveaux vêtements s’empilaient rapidement dans ma garde-robe. 

« Magasiner, pour moi, c’est mieux qu’une thérapie. Quand je me promène dans le centre d’achat, je suis dans le moment présent. »

Je me souviens que lorsque j’étais aux études, je travaillais dans un magasin de vêtements assez populaire et je n’avais jamais assez d’argent malgré mon rabais employé pour acheter ce que je voulais. J’avais donc toujours cette envie d’avoir de beaux vêtements sans pouvoir la combler. 
 
Alors vous comprendrez que lorsque mon premier chèque de paie est arrivé, je me suis lancée dans les dépenses. Magasiner, pour moi, c’est mieux qu’une thérapie. Quand je me promène dans le centre d’achat, je suis dans le moment présent. Je sens les odeurs des bons savons Lush, des parfums chez La Baie, l’odeur des chaussures neuves, je vois les couleurs et les brillants des accessoires, je ne pense à rien et j’oublie mes problèmes. Pendant ce bref instant, je suis seule, sans souci, entourée de choses ravissantes. 
 
Au début, c’était une paire de chaussures par semaine ou un nouveau tailleur, de nouveaux jeans ou un collier, mais tranquillement une seule chose ne suffisait pas. Pourquoi? Parce que lorsque je reviens au bureau ou dans ma voiture pour retourner à la maison, je ne suis plus dans le moment présent. J’ai oublié tous mes achats et je suis dans ma tête, qui elle est remplie d’anxiété et de problèmes. Alors je dois recommencer le jour suivant et l’autre qui suit. C’est un cercle vicieux! 
 

« Je me suis donc rendue jusqu’à 276 paires de chaussures, une soixantaine de jeans, des milliers de hauts, d’accessoires et de sacoches de marque, que je ne porte jamais. »

Il n’y a rien de mieux qu’une bonne journée de magasinage entre amies qui se termine par un souper dans un beau restaurant.

Le sentiment de marcher en ville, avec tous nos sacs et nos copines qui sont elles aussi heureuses de vivre ce moment sans stress. On entre dans le restaurant comme les Charlie’s Angels, avec nos lunettes Gucci et nos sacs de chez Aldo, Ogilvi, Victoria Secret et finalement on se croit dans une vie différente, meilleure, une vie de luxe loin de notre affreux 4 et demi en banlieue et de notre chum qui mange par terre et boit sa bière dans le salon avec ses potes qui sentent mauvais. On se croit en Californie au soleil. Une vraie star! 

« Je passais ma rage de vivre dans le magasinage. »

Je me suis donc rendue jusqu’à 276 paires de chaussures, une soixantaine de jeans, des milliers de hauts, d’accessoires et de sacoches de marque, que je ne porte jamais parce que mon chum préfère écouter la télévision en pyjama plutôt que d’aller manger en ville. Vous comprendrez que ma robe Michael Kors n’a pas vraiment sa place dans mon salon avec la boite de pizza.
 
Plus les jours avancent, plus on continue la même routine. Le lunch arrive, on s’en va chez Ardène. On se dit qu’on va juste acheter des trucs pour nos cheveux et on ressort avec deux nouveaux chandails, cette fois-ci décontractés, qu’on peut porter sur le divan en compagnie de Mr. Pizza. Reste que c’est toujours la même histoire et ça ne finit plus. Plus les sacs entrent, plus la carte de crédit augmente et devient de plus en plus dure à repayer. C’est presque une maladie rendu là!
 
Un beau jour, j’ai pris du recul et je me suis questionnée à savoir pourquoi je magasinais autant. J’ai beau aimé la mode, je peux l’aimer de façon contrôlée et responsable, non?. Alors pourquoi je me lance comme une folle dans le magasinage?

J’ai allumé!

Je suis malheureuse! Voilà, tout simplement.

Je suis malheureuse dans ma vie et j’ai toujours besoin de cette drogue, cette dose de bonheur rapide que me procure le magasinage. Je voulais une carrière dans la mode et/ou la musique et je suis en finances. Pourtant, je déteste les chiffres et tout ce qui s’y rattache. Je veux vivre où il fait chaud et voir la mer chaque matin en me levant, mais j’habite dans la ville la plus froide du monde et le matin je ne vois rien d’autre que les poubelles de mes voisins et les containers de recyclage. Je veux faire des activités avec mon copain, mais on ne sort jamais.

Les achats compulsifs, c’était logique tout en étant pathétique.

« Je suis toujours une accro du shopping… mais j’essaye de contrôler mes pulsions de shopping. C’est comme quelqu’un qui veut arrêter de fumer finalement! C’est un combat mental! »

Je passais ma rage de vivre dans le magasinage.

Si j’achète cette nouvelle guitare, ça va peut-être me forcer à me remettre à écrire des chansons. Si j’achète ces sandales, je vais peut-être finalement aller dans un beau resto avec mon chum. Si je mets ce tailleur, j’aurai peut-être le courage de quitter mon emploi pour me trouver un emploi dans le domaine de la mode ou des arts. Vous voyez le genre de messages qui passaient dans ma tête et ce d’une façon tellement subtile que je ne m’en rendais même pas compte. 
 
Je suis toujours une accro du shopping… mais j’essaye de contrôler mes pulsions. C’est comme quelqu’un qui veut arrêter de fumer finalement! C’est un combat mental! Je me suis désabonnée de plusieurs sites et pages afin d’éviter la tentation. Je vais de moins en moins au centre commercial et j’évite de sortir sur mon heure de lunch. Je reste au bureau ou je vais au parc s’il fait beau. J’essaye d’organiser des activités pour forcer mon chum hors du sofa. Je planifie un jour de partir vivre en Europe quelque part proche de la mer.

Et tranquillement, j’espère pouvoir retrouver le plaisir de magasiner, mais de façon responsable.

Lizzy S.

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