Vouloir être aimée à tout prix : une dépendance

Texte par Véronique Bannon, crédit photo : Marie-Ève Rompré

Bref, j’étais dépendante de l’amour des autres et sans lui, j’étais rien, j’étais vide…

Je ne suis pas alcoolique. Bon, je ne dis pas que je ne bois pas un verre ou deux de temps en temps mais pour moi, ce n’est pas une dépendance. Mais cela ne veut pas dire que  je ne la comprends pas, cette dépendance. Je connais très bien ce vide, ce puit sans fond qu’on a besoin de remplir à tout prix. J’ai aussi mes dépendances, mes démons. Mon manque à moi , mon vide , mon mal de vivre s’est souvent manifesté en ayant besoin de me remplir du regard des autres, de l’amour des autres. Je me saoulais dans leurs yeux, je buvais leurs paroles qui remplissaient mon manque. J’existais seulement si j’étais complètement bourrée de l’amour des autres car moi, j’en étais incapable.

Je n’ai pas appris à m’aimer. J’ai appris à aimer les autres alors si on m’aimait, je ne comprenais pas mais surtout, je m’y accrochais comme à une bouée de sauvetage, c’était trop bon! Seule, j’étais une merde, une petite fleur trop fragile qui manque d’éclat ! Et je ne comprenais pas le monde dans lequel on vit (ceci dit, je ne le comprends pas plus aujourd’hui!) Bref, j’étais dépendante de l’amour des autres et sans lui, j’étais rien, j’étais vide… Et avec ce métier d’acteur, ce métier de rejet, d’abandon (mes  plus grandes peurs) que je fais depuis des années, c’était encore pire. Je ne voulais pas “ne pas être choisie.” Je prenais tout personnel !

Venez me saouler, que se soit vrai ou pas, de vos mots, de vos caresses, de baisers de mecs à qui je voulais plaire sans savoir si c’était de l’amour ou non.

Et je ne voulais pas sentir le sevrage. J’avais peur, je tremblais, je pleurais lorsque j’étais seule avec moi-même.  Je criais, hurlais : « SVP AIMEZ-MOI !!! SVP SVP, car moi je ne sais pas comment! » Je m’excusais presque de vivre, de respirer ! Venez me saouler, que se soit vrai ou pas, de vos mots, de vos caresses, de baisers de mecs à qui je voulais plaire sans savoir si c’était de l’amour ou non. On s’en fout! Je suis en manque de vos regards, de votre attention envers moi (malsaine bien sûr, mais on ne fait pas la différence à ce moment-là.) Ne me rejetez pas, ne m’abandonnez pas! Je vais tout faire pour que vous m’aimiez, SVP restez ! On voit la différence seulement quand nous tombons amoureux, pour de vrai !

Et j’ai cette tendance à donner. Je donne, je donne car lorsque je sens une personne en souffrance, je veux l’aider car je sais tellement, je connais tellement cette douleur , cette détresse et je suis là jour et nuit.  J’essaye de guérir les autres car j’aime et quand j’aime , j’aime de tout mon cœur et souhaite le bonheur de l’autre. Encore une fois, ça me remplit et je m’oublie car non, moi, je ne suis pas importante …. Moi ? C’est pas grave. Je deal avec la souffrance, c’est beau… Mais toi tu en vaux TELLEMENT la peine et je suis là pour toi ! Je t’aime!

Mais pensons-y, qu’est ce qui nous fait du bien ? Que voulons-nous vraiment?  Être heureux?

Il faut reconnaître que nous pouvons remplacer une dépendance par une autre, quelle qu’elle soit. Mais au fond,  ce que l’on veut, c’est être bien. Mais nous devons être bien avec nous en premier. Accepter, apprendre à nous connaître, apprendre à reconnaitre et dealer avec cette souffrance. Ne pas nous juger, vivre, ressentir. Car plus nous repoussons une souffrance, plus elle nous colle au cul. Nous devons l’apprivoiser, la comprendre. Et oh que oui ça fait mal, c’est terrible, c’est un tsunami d’émotions, un combat sans merci.

Mais au cours de notre route, quand nous sommes ouverts au bien-être, aux changements, tranquillement des petits moments de joie s’installent. C’est déstabilisant car parfois, inconsciemment bien sûr, on a l’impression de bien se sentir avec notre souffrance car nous la connaissons, elle est même parfois rassurante. Nous retombons  dans ce petit confort, nous retournons vers nos dépendances mais chaque fois la chute fait encore plus mal.

Mais pensons-y, qu’est ce qui nous fait du bien ? Que voulons-nous vraiment?  Être heureux? Un amour sain? Des gens qui nous aiment assez pour être là quand nous avons peur ?  Qu’ils restent, qu’ils ne partent pas ? Un peu de bonheur ? De marcher la tête haute, remplis de plein de petits moments qui font du bien?  Bien sûr! Un coup l’orage, le sevrage passé, de nouvelles opportunités s’ouvrent à nous! Nous devons être capable de bien les percevoir.

Les petites choses, quand on leur donne de l’amour, de l’attention, elles deviennent grandes. Et tout ça, commence par soi.

Je serai toujours fragile, hypersensible. Mes souffrances et mes démons viennent encore me rendre visite, et oui j’en pleure un bon coup, je hurle de douleur à chaque fois. Je me dis : « Vas-y fort Vero, sors ta douleur , ta souffrance! » Mais j’ai maintenant mes outils, mes ressources pour ne plus tomber dans mes dépendances. Même si…

Qui a dit que tout était parfait? L’important c’est de se pardonner, de se donner une tape dans l’dos quand on réussit une petite victoire, si petite soit-elle.  Et de ne pas se juger si on en échappe une parfois. Bien s’entourer, savoir ce qui nous fait vraiment du bien. Nous avons tous au fond de nous cette petite voix mais pour ma part, je l’écoute trop rarement. Sii nous lui laissions un peu plus la parole, un peu plus de place ?  Si la trajectoire de nos pensées prenait un nouveau chemin? Même si ça fait peur, car l’inconnu fait peur oui, mais si nous y allions , juste pour voir?

Même si…

Les petites choses, quand on leur donne de l’amour, de l’attention, elles deviennent grandes. Et tout ça, commence par soi.

Et je vais continuer de faire ce cheminement en même temps que vous… Soyons ensemble!  Aimons-nous! Aidons-nous!

Essayons. Même si…

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