Regarder vers l’avenir ou la reconstruction

Texte par Véronique Bannon, crédit photo : Same Ravenelle

L’été passé tout allait bien. Je me sentais bien, c’était génial ! C’est fou comme les choses peuvent changer, du jour au lendemain, sans avertissement.

La vie nous envoie des épreuves. À la fin de l’été, aux alentour de ma fête ( le 17 août … ouais, on ne choisit pas!), j’ai vécu une rechute dévastatrice où tu perds le goût de vivre, car même le corps est touché. Tout ton être est atteint.

Une vraie rechute qui te fait faire des conneries, qui te déstabilise, qui fait que tu te détestes, que la souffrance est si intense que tu t’accroches à n’importe quoi.

Malgré tout l’amour de ma famille et de mes proches, malgré toute l’aide possible, rien ne fonctionne. Une rechute qui ne te donne même plus le goût de voir tes médecins. Te lever de ton lit est une douleur. Une rechute qui te réveille dans la nuit en hurlant de peine car le goût de la mort t’étouffe.

Alors là , tu te dis : “Mais non c’est pas vrai ! J’allais bien!”. Une rechute dévastatrice où je me disais : « si je n’avais pas Milan… » J’ai pleuré, crié, j’avais une sensation de vertige car j’avais peur.

Mais à force de thérapies, à force de me battre TOUS les jours (oui, TOUS LES JOURS !), à me forcer à faire des choses et à passer du temps avec les gens qui m’aiment, j’ai commencé ma reconstruction. Même si je retombais, je travaillais fort pour remonter, si fort, si vous saviez! Une année, oui une année entière à tomber/ me relever / retomber / me perdre/ me retrouver … Mais me dire : “OUI tu vas y arriver! ».

Et se poursuivait ma reconstruction , car oui croyez-moi , je devais me reconstruire, rebâtir sur des bases plus solides , plus vraies. Assumer, dire TOUT. Faire sortir ce qui brûlait en moi.

Une année à essayer de comprendre, avec toute la volonté du monde, avec mes anges à moi (parce que les gens qui m’aiment après tout ça, oui, ce sont mes anges).

On se rebâtit tranquillement.  On change son mindset comme je dis souvent. Ce n’est pas facile tous les jours, c’est vrai ! Je sais toutefois qu’aujourd’hui, je ne veux plus revivre ça. Cette rechute aurait pu être fatale. J’ai pris cette année, tous les outils nécessaires pour ne plus revivre  ce qui pour moi a été trop dévastateur.

Le 17 août, ce sera ma fête, et tout ce que j’ai réussi à rebâtir, personne ne peut me l’enlever. Je le garde juste pour moi.  Je sais que j’avais en moi beaucoup d’empathie mais suite à cette rechute j’ai compris que j’en possédais encore plus et que j’étais maintenant plus forte pour aider les autres.

Que chacun a son histoire et le jugement ne fait plus partie de ma vie.

Pour moi débute une nouvelle année. Tout part de soi. Je veux choisir de pardonner, d’aimer, d’aider mais surtout de me pardonner à moi-même et peut-être, pour la première fois,  me dire : “Bravo! BRAVO de t’être battue même quand le vent est contre soi, quand tu sens que tu peux mourir mais que tu te relèves et que tu n’abandonne pas! ». Je crois que la dernière année m’a prouvée que j’étais une battante.

Une reconstruction de petits bonheurs que je chérirai et qui m’aideront lors de moment plus difficiles car la vie, c’est des hauts et des bas. Mais au lieu que la douleur me transperce le corps , elle me laissera, j’espère , juste une petite cicatrice qui me rappellera que j’ai travaillé fort et combattu des orages pour devenir ce que je suis en train de devenir.

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