La dépression & le suicide

Texte par John P. Sader MD,  certifié ASAM, Diplomate-ABAM

Être et Avoir, le retour aux valeurs de l’Être pour lutter contre dépression et suicide…

Le suicide est très prévalent, trop prévalent dans nos sociétés soit-disant évoluées.

En tant que médecin auprès des personnes souffrant du mal de l’âme s’exprimant à travers des  dépendances, toxicomanies et différents troubles de comportement, j’ai eu l’opportunitié de faire des observations qui me permettent de voir le suicide d’un autre œil.

Ce qui suit représente une dimension qui s’ajoute à ma formation médicale et scientifique, je ne cherche pas à nier les avancement faits par la science dans le traitement de la dépression mais plutôt à ouvrir une fenêtre vers des facettes complémentaires.

***

 Suicide : Sui-cide peut se définir comme se tuer ou enlever sa propre vie.

Pourrait-on imaginer que ce soit plus que ça? Pourrait-on dire « tuer son Soi » plutôt que seulement « se tuer » ?

Souvent, selon mon expérience, l’être humain qui songe à s’enlever sa vie, a très souvent l’impression de ne pas en avoir une et d’être un peu mort, déjà.

Cette personne veut souvent arrêter de vivre dans l’état où elle se trouve car c’est trop souffrant et elle a l’impression que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. La « peine » d’être vécue ? Parle-t’on de peine-effort ou plutôt de peine-tristesse?  Je crois que l’on parle des deux.

Pour mieux comprendre, il faut revenir au point de départ.

Nous vivons dans une société de consommation. La consommation est essentielle à la vie. Après tout, nous consommons air, eau et nourriture.

Mais tout n’est pas accessible par le biais de la consommation. En fait, pas l’essentiel. Voyons un peu les origines de ce mot : essentiel.

Esse-en-tiel : esse = être en latin, en = à l’intérieur : donc nous parlons de « de l’être intérieur » ou « l’essence ».

Dans notre société de consommation ayant dérapé vers la consommation exagérée, les avoirs sont vendus comme étant la réponse à notre espace intérieur. On nous vend le mensonge qu’Être peut être comblé par l’Avoir. Si j’ai tel ou tel produit, je deviens alors quelqu’un!

Les racines de cela vont très loin maintenant. Autrefois lorsqu’on s’interrogeait sur la bien-portance de quelqu’un, on lui demandait : « Comment es-tu? », le verbe Être. Maintenant combien de fois entend-on : « Qu’est ce que tu as? »… ? Même dans notre langage courant, Avoir est devenu associé à notre état de bien-portance, et Être, et bien on l’entend bien peu.

Alors devons-nous être surpris qu’une société s’étant perdue dans la consommation excessive incite ses propres membres à négliger leur bien-être au profit de leur bien-avoir?

Bien sûr que non.

Shakespeare avait écrit; « Être ou ne pas Être ».

Saint-Exupéry avait écrit : « L’essentiel est invisible pour les yeux »

Décortiquons encore : L’Être intérieur est invisible pour les yeux. Ce qui est invisible pour les yeux n’est pas « à voir » et n’est pas « Avoir ».

Donc, le message devient : « Être n’est pas Avoir ».

Le fait que Être ne peut être vu est important; on n’est pas dans le monde du matériel. On est et « on naît » dans le monde du spirituel et de l’existentiel.

Ce monde existentiel n’est pas défini par les mêmes règles que le monde matériel.

Voyons un peu les valeurs de l’Être.

Commençons par le mot « valeur » et sortons encore un peu de latin.

Val-er en latin signifie calme.

Val-or signifie courage.

Eur en grecque signifie Être.

Donc valeur devient Être courageux et calme.

Les valeurs de Être commencent donc avec le courage et le calme.

Les autres valeurs de Être :

Courage

Calme – paix

Humilité – humanité

Honnêteté

Amour

Générosité

Respect

Loyauté

Fidelité ( à nos valeurs)

Ces valeurs ne répondent pas aux lois de la physique matérielle et sont difficiles à quantifier et à mesurer par la science parce que justement, elles ne se mesurent pas. Il n’y a pas de limite sur le courage. Je peux tenter de l’être mais tous les autres aussi. Le temps ne dégénère pas les valeurs, il les rehausse : plus longtemps on est généreux et aimant, plus ça a de la valeur. On ne peut pas mesurer les valeurs car leur valeur dépend de chaque individu et des opportunités offertes à lui. Je m’explique : tout comme la force de l’individu dépendra des poids qu’il a soulevés, le courage d’un individu dépendra du poids de l’anxiété qu’il porte. À chaque valeur, on peut associer des opportunités d’Être.

Le danger et les risques perçus et la peur créent l’opportunité du courage.

La tempête et la guerre créent l’opportunité du calme et de la paix.

Notre imperfection crée l’opportunité pour l’humilité et l’humanité.

L’appât du gain facile crée l’opportunité de l’honnêteté, de la loyauté et de la fidélité.

La différence crée l’opportunité de l’amour.

Le besoin crée l’opportunité de la générosité.

La position crée l’opportunité du respect.

Il y a un piège dans les valeurs, un piège face auquel il faut être très prudent afin de ne pas y tomber : le jugement.

Nul ne peut juger des opportunités et des poids spirituels de l’autre. Traverser un pont peut représenter une peur atroce pour l’un et rien pour le second. Ça n’empêche pas le premier d’être courageux lorsqu’il confronte son pont.

Il y a donc là une autre différence avec le monde matériel : les valeurs d’Être ne dépendent jamais du résultat. Il suffit de tenter d’Être pour y parvenir.

Ceci est vrai pour toutes les opportunités d’Être : il suffit d’essayer.

Devrait-on lire plutôt « Esse-er » comme cré-er.

Esse-er serait en fait « l’acte d’Être ».

« Tenter d’Être est Être ».

On pourrait dire en anglais: « To try to be is to be ».

Un peu comme dans le Magicien d’Oz; il suffit de tenter de se retrouver pour qu’on se retrouve et qu’on retrouve son « se ».

Alors, que faire de tout cela, me direz-vous?

Nos sociétés sont à la croisée de chemins. Les individus aussi et eux, ils l’ont toujours été.

Une Renaissance dans le sens littéral du terme s’offre à nous tous.

Ce n’est pas seulement plusieurs de nos membres qui sombrent dans le dépression et le suicide mais notre société de consommation exagérée suit le pas.

Il faut revenir aux bases de qui nous sommes, quelles sont les valeurs dans lesquelles nous voulons investir, s’investir et se vêtir. C’est ce genre d’investissement qui a été longtemps négligé et qui incite plusieurs à rester vide au lieu de s’accomplir en se remplissant avec des valeurs qu’ils estiment – l’estime de soi en découlera et la dépression et le suicide seront d’autant plus éloignés.

La richesse est presque certainement une constante – la loi de la conservation de l’énergie s’appliquerait. Il suffit qu’on décide sur le plan individuel de la place à octroyer à la richesse de Être et à la richesse d’Avoir.

Sois et tu auras, mais jamais le contraire.

 

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